Voici l'interview de mathieu après sa défaite face à safin:
PAUL-HENRI, Marat donnait l'impression d'être injouable. Quel est votre sentiment ?
-Ce n'était pas qu'une impression. Marat était injouable aujourd'hui. Le premier set était vraiment accroché. Jusqu'au tie-break, le jeu restait serré. Cela ne s'est pas joué à
grandchose. Dans le jeu décisif, Safin a commencé à élever son niveau de jeu. Après avoir
empoché la première manche, il était encore plus relâché. Il était « in-retournable ». Au bout d'une heure et demie de jeu, je pensais qu'il allait faiblir. Cela n'est jamais arrivé.
- Vous étiez préparé à jouer Safin ?
- Non ! C'est vrai que je pensais affronter Youzhny. Mais quand j'ai vu ce dernier sur le bord du terrain durant le match de « Seb » contre Andreev, je savais que j'allais jouer Safin. En plus, l'attente était longue dans le vestiaire. C'est une chose jamais facile à gérer.
- Vous êtes-vous senti impuissant devant Safin ?
- Sur les deuxième et troisième sets, c'est exact ! Au premier, quand je suis à 5-4 30A, si j'arrive à faire le break, le cours de la rencontre peut changer... C'est vrai aussi qu'il a très bien servi. Il faisait deux ou trois aces par jeux à chaque fois. Ca lui a donné confiance. Et même du fond, il ne ratait pas trop.
- Est-ce qu'il vous a impressionné aujourd'hui ?
- Il a quand même gagné deux Grands Chelems. Donc on sait qu'il peut élever son jeu à un très haut niveau. Je ne pensais pas qu'il jouerait aussi bien pour son premier match sur terre battue.
- Décidément les Russes ne vous réussissent pas. C'est la troisième fois que vous perdez le match décisif face à eux...
- Les autres ont perdu aussi ! Si on a perdu les autres rencontres, je ne suis pas le seul à avoir perdu. Richard n'était pas loin vendredi, le double non plus. S'ils avaient gagné, on aurait remporté la rencontre. Comme je suis le deuxième joueur de simple, je suis amené à jouer le cinquième match décisif. Je ne peux pas partir d'ici avec un sentiment d'impuissance. J'ai quand même battu le 4e joueur mondial. Après, c'est vrai, j'ai perdu contre Safin qui était injouable. C'est dommage qu'il ait joué comme ça le dernier match.
- Qu'est-ce qu'ils ont de plus ?
- C'est logique. Ils sont 4e, 17e et 27e mondiaux ! Moi, aujourd'hui, je suis 56e au classement mondial. Si on me demande de gagner contre le 4e et 27e, ce n'est pas évident ! Ils sont mieux classés que nous, ils sont plus réguliers. Ils ont cinq ou six joueurs. Ils ont battu le Chili avec une équipe bis. Nous, si on va au Chili, même avec notre meilleure équipe, on n'est pas sûr de gagner. Ils sont tout simplement meilleurs que nous.
- Nourrissez-vous un complexe d'infériorité par rapport à ces Russes ?
- Non. Ils sont mieux classés que nous. Aujourd'hui, il n'y a rien à dire. Ils étaient favoris sur le papier. Ils l'ont démontré sur le terrain. On n'est pas passé loin.